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Partie 1 — Cadrer l'idée

Le canevas valeur, coût et risque

Quelqu’un vous apporte une idée d’IA. Un fournisseur vous présente une solution. Une équipe propose une initiative. Avant que quiconque ouvre un tableur ou rédige un business case, faites-la passer par deux filtres : cinq minutes avec les questions ci-dessous, puis une page avec le canevas. Ensemble, ils vous disent si une idée mérite un vrai travail, ou un non poli.

Soyez le réaliste, pas le sceptique. Le travail n’est pas de bloquer les investissements en IA — il est de s’assurer que ceux qui avancent sont mesurés correctement.

D’abord, cinq minutes : le filtre

Notez chaque réponse en vert, orange ou rouge. Vert signifie clair et précis. Orange signifie que la réponse existe mais reste vague. Rouge signifie qu’il n’y a aucune réponse. Un seul rouge renvoie la proposition au travail — elle n’entre pas dans un budget.

Question À quoi ressemble une bonne réponse Le signal rouge
Quel KPI métier cela fait-il bouger ? Une métrique nommée : temps de traitement moyen, taux de conversion, taux d’erreur, score de satisfaction « Améliore l’efficacité. » S’il n’y a pas de KPI, c’est une expérience scientifique, pas un business case.
Comment allez-vous le mesurer ? Une base de référence aujourd’hui, un moyen de la suivre ensuite, et l’accès aux données « On verra plus tard. » Réglez cela avant d’investir, pas après.
Qu’est-ce qui change précisément dans le processus ? Quelles étapes l’IA réalise ou assiste, et ce que les gens font différemment ensuite — vous devriez pouvoir dessiner un avant et un après « L’IA s’occupera de tout. » L’IA ne remplace presque jamais un processus entier. Une réponse floue signifie que personne ne comprend assez bien la solution pour l’évaluer.
Combien cela coûte-t-il vraiment ? La mise en œuvre, temps interne compris, plus le coût d’exploitation annuel — formation, refonte des processus, maintenance Un devis fournisseur seul. Ajoutez 30 à 50 % pour ce qui n’a pas été anticipé. Si cela tient toujours avec cette marge, tant mieux.
Quel est le risque principal, et comment est-il atténué ? Le risque le plus important de ce projet précis, nommé, avec un plan à côté « On s’en occupera si ça arrive. » Ce n’est pas une atténuation.

Tout vert : passez au canevas ci-dessous. Un orange : renvoyez-la en nommant les lacunes précises. Un rouge : pas prêt pour l’investissement.

Ensuite, une page : le canevas

Un outil de filtrage, pas un substitut au calcul de ROI en quatre étapes qui suit. Un canevas par idée de projet.

1. La valeur : de quel type, et combien

Notez chaque type Haut, Moyen ou Bas pour ce projet précis — ne partez pas du principe que les quatre s’appliquent.

La plupart des vrais projets sont forts sur l’une de ces dimensions et faibles voire absents sur les trois autres. C’est normal. Prétendre être fort sur les quatre, c’est le signe que personne n’a réellement réfléchi.

2. Le coût : direct et indirect

Les coûts directs figurent sur une facture. Les coûts indirects non — et ce sont eux qu’on sous-estime.

Directs :

Indirects :

3. Le risque : ce qui pourrait manger la valeur

Trois risques apparaissent sur presque tout projet d’IA. Nommez-les précisément pour le vôtre — une ligne de risque générique ne vaut rien.

4. Le verdict

Trois questions oui/non, puis une décision :

Le filtrage du business case et le filtrage de gouvernance sont deux questions différentes. Ce canevas répond à la première. La note d’adéquation de cas d’usage en sept points du registre de documentation répond à la seconde.

La règle au bas de chaque canevas

Le meilleur projet d’IA n’est pas celui dont la valeur potentielle est la plus grande. C’est celui qui combine le mieux une valeur élevée, un coût raisonnable et un risque acceptable. Si l’un des trois échoue, les deux autres ne le sauvent pas. Un projet à fort potentiel avec un risque d’adoption non maîtrisé n’est pas un bon pari — c’est une histoire que vous expliquerez dans neuf mois.